Playlist. (Musique Rap, Musique que j’aime)

Nas. N.Y. State of mind.
Et je suis un gangster.
Lunettes noires, cuir noir, café noir.
Je suis un putain de poète.
Le visage est dur et la tête bat la mesure.
Demarche lourde. Son lourd. Rimes lourdes. Un sourire par punchline.

Je suis invincible. Mes doigts dessinent des arabesques cabalistiques.
Cypress Hill. Insane in the brain.
Aujourd’hui le monde est à moi. Je le lui rappelle à chaque pas.
Je suis un gangster. Un putain de poète. Et je t’emmerde.

Le tube londonien est un décor de John Woo. Travelling. Ralenti. La bouche de métro crache des colombes en costard. Ils s’écartent, laissent la place au gangster. Au poète.
Hustlin - Rick Ross.

Je caresse le macadam avec mes Air force one. J’allume une blonde. Recrache du velours. Mate cette brune. J’assure.
I need love - LL Cool J.

You got me. The Roots -Erykah Badu.
Stoïque.
Les costards s’agitent. La City brûle peut être. Mon jean tombe parfaitement sur mes Nike. Pas d’inquiétude. Elle m’attend quelque part. Je sais. Elle m’a eu. Tout va bien.

(…)


Peso. A$AP ROCKY.
Fils blonds, miettes vertes, papier blanc, carton bleu. J’inhale un arc en ciel et le velour prend des saveurs épicées. Ralenti encore. Cuir noir, rhum blanc, encre bleue. Et je suis un poète.

Swimming pools (drank) - kendrik lamar

Dimanche à ma fenêtre

Quelques lames de soleil ont déchiré, à travers les rideaux, l’obscurité de ma chambre.
Le haut de mes cuisses jusqu’à la base de mes chevilles se réchauffe doucement.
Un vieil homme au rire excentrique, ronronne sur des airs des jazz. Des mots ronds et un soleil perçant.
C’est dimanche.

J’ai tiré les rideaux. Et la fenêtre
devient bleu et lumière. Des murs blancs et un carré bleu. C’est Miró, le souffle en plus. La volupté du réveil aussi.

Si je me redresse, je peux voir la rue. Observer à l’abri dans ma forteresse de plumes et de coton, la vie et les histoires des passants qui grouillent et flânent comme des fourmis éthérées. Mais quel intérêt? Les nuages ont bien plus de secrets à protéger. C’est pour ne pas qu’on les reconnaissent qu’ils changent d’ailleurs si souvent de forme.

C’est dimanche. J’ai le temps. Le temps de les observer, de les comparer, de les classer même! J’ai le temps, tant que le vieux continue de ronronner; tant que mes jambes continuent de se réchauffer. J’ai le temps d’observer les nuages.

C’est dimanche. Alors je regarde les nuages passer. Il me semble maintenant flâner avec eux.
Mes yeux, mon esprit, mon corps, noyés dans le bleu. Vaporeux, protéiforme, léger, lumineux. Langoureux. Voluptueux. Presque érotisé.

J’irradie désormais un bleu pâle et chaud. Et mes pensées sont un kaléidoscope. Une infinité de biens êtres…

C’est dimanche.
Il fait beau.
C’est le moment d’écrire de belles choses.
Ou de les vivre.

Le temps des poètes - La bouffe, l’alcool, la baise, les lettres

Maman quand je serai grand,
Je veux être un putain d’géant
Gargantua!
Un barbare lettré!
Kiffant la bonne bouffe,
Les alcools brutaux
La bête de baise,
Et les belles lettres.

Maman, j’emmerde Peter Pan!
Je veux devenir Grand!
Boire plus que de raison
Festoyer!
M’envoyer en l’air
Et ecrire des mots raffinés.

Maman j’en ai marre d’être un enfant.

Je ne veux plus frôler le ciel avec mes cerfs volants.
Je veux y plonger mes doigts de géant, que les nuages degoulinent le long de mes bras et attraper les anges à pleines poignées comme on cueille le fruit juteux.
Cueillir les anges et les emmener boire un coup. Et qui sait? S’envoyer en l’air en déclamant des vers!

Maman, j’en ai marre d’être un enfant.

Les enfants ont des rêves. Les géants sont ces rêves devenus grands. Maman! je veux être Gargantua. Manger, Boire, Baiser et Écrire. Et m’affranchir.

Les enfants ont des règles. C’est pour cela qu’ils rêvent. Les géants sont ces rêves devenus libres.
Les géants sont ces rêves devenus livres.

Maman, j’en peux plus d’être un enfant.

Je veux la bouffe, l’alcool, la baise et les belles lettres. Gargantua.

Boire à m’en péter les reins, baiser à m’en péter le frein, écrire à m’en péter les mains.

Des tâches de rouge sur mes fringues, des tâches de bleu sur mes doigts, des tâches mauves sur mes lèvres.

Jouir, mourir. Et entre les deux écrire. Barbare lettré.

Maman, je ne peux plus être un enfant.

Les amants

Nous ne faisions pas l’amour.
Pas plus qu’on ne s’envoyait en l’air.
Nous étions des oeuvres littéraires.

Bukowsky, aux heures profondes,
Duras dans la délicatesse du jour.

Nous ne faisions pas l’amour.
Nous étions des romans.

Le verbe abscons de Kafka,
Des lignes et des voix.

Brutales, révoltantes,
Ellis et étreintes dérangeantes.

Nous n’étions plus corps, mais lignes,
Courbes, arrondis, pleins et déliés.
Nos sens en ponctuation,
Mes lèvres en suspension,
Une virgule sur ses hanches.

Nous étions toutes les nuits de la littérature.
Tristan et Iseult, Valmont et Merteuil,
L’Amant, la Geisha.


Nous ne faisions pas l’amour.
Nous étions la passion, le drame,
Le suspens, les larmes, la joie.

Et nos nuits, et nos après midi, et nos réveils,
Et nos caresses, et nos baisers, et nos murmures,
Tout était pages, métaphores et litotes.

Nous ne faisions pas l’amour.
Pas plus qu’on ne s’envoyait en l’air.

Lecture à voix basse, à la lumière d’un abas-jour.
Solitaires.
Des phrases à peine articulées,
Salanmbô murmurée,
Hélène de Troie psalmodiée.
Nous etions le fracas inaudible des batailles épiques et des tragédies.

Nous ne faisions pas l’amour.
Nous étions une chambre bleue,
Une nouvelle inachevée,
Un dialogue ellipse.
Des nuits mauves et une parenthèse.

Le temps des poètes - Que deviennent les cerfs-volants? (II)

Le plus dur c’est de s’endormir.
Le plus dur, s’endormir.
Sans savoir.

Une inquiétude semblable à l’amour.

Quand tout est calme et que la ville scintille des reflets bleus et argentés. Des sirènes et des pantalons skai.

Le plus dur c’est de s’endormir.
Le plus dur, s’endormir.
Sans savoir.

C’est une frayeur nocturne,
Mais le monstre est dans mon lit.

Il est grand. Il l’a toujours voulu. Il l’est devenu. Il ne volera plus. Et les placards semblent cimetières de nos rêves.

Le plus dur c’est de s’endormir.
Le plus dur, s’endormir.
Sans savoir.

Des morceaux de crépuscule habillent la ville. C’est bientôt la fin de l’été.

Leurs ailes enroulées, froissées, écrasées. Les rêvent gisent dans l’obscurité exiguë. 6 mois dans l’année.

Le plus dur c’est de s’endormir.
Le plus dur, s’endormir.
Sans savoir.

La prochaine fois ils caresseront les nuages un peu plus tard. Et celle d’après, plus tard encore. Et celle d’après plus tard toujours. Jusqu’à…

Le plus dur c’est de s’endormir.
Le plus dur, s’endormir.
Sans savoir.

A l’automne de nos vies, ils ne voleront plus.
Et cette question au moment de s’endormir.
Que deviennent les cerfs-volants?

Le temps des poètes - j’avais pourtant des rêves.

"Je vous prépare une petite surprise! La liste des publics folders à archiver." 

Merde! Pourtant quand j’étais gamin j’avais des rêves. 
Je ne sais plus trop lesquels. Mais ce n’était pas ça.
J’ai voulu être archéologue, après avoir vu un reportage sur l’Egypte ancienne sur la 3 - archéologue sous marin après avoir vu un reportage sur les vestiges du colosse de Rhodes sur la 5.

J’avais des rêves quand j’étais gamin. Je ne sais plus trop lesquels. 
Mais je suis à peu près certain qu’archiver des publics folders n’en faisait pas partie.

Il y avait ces antennes hautes de plusieurs étages. Les antennes de RFO, la télévision publique locale. 

De la fenêtre de ma chambre je les contemplais, surplombant le quartier de Grand Camp. 
Grand Camp? À l’époque c’était un quartier résidentiel, pour classes moyennes. Dans mes souvenirs il y faisait bon vivre. C’était avant que le quartier ne devienne le point de rencontre de rappeurs à la petite semaine, rebaptisant le parc derrière la résidence Les Cannelles (Les Cannelles! Je m’en rappelle! C’était le nom de la résidence. Avant qu’elle ne devienne “la cité” ou “le ghetto”).

Deux antennes. Rouges et blanches. L’une fine et élancée, l’autre plus large et ramassée. Laurel et Hardy.

Je ne sais plus si je m’en rappelle, ou si on me l’a raconté, mais aux alentours de mes trois ans, j’avais la ferme intention de faire de Laurel une fusée pour explorer l’espace. Déjà à l’époque je rêvais de cet ailleurs lointain - ou de façon plus prosaïque de me barrer le plus loin possible.  Ce dernier point apporte des éléments de réponse sur le moment où j’ai montré les premiers signes de misanthropie.


J’avais donc bien des rêves. Gamin. J’avais donc bien des rêves gamin.

"Tu n’oublieras pas de remplir le handover et le suivi QC"

"Non je n’oublierai pas. - Ô Dieu! Qu’est ce que je voudrais l’oublier ce Handover - Non, je n’oublierai pas."

Le rêve de l’archéologie a résisté jusqu’au lycée. 
À la rentrée de Seconde. La prof d’histoire avait, comme chaque prof depuis mon entrée dans le secondaire, demandé ce que nous voulions faire de nos vies. 
Cette blague! D’où vient ce diktat du projet? Quel est le sombre idiot qui a décrété que chacun devrait avoir un plan de vie, des objectifs à atteindre?

"Archéologue sous-marin".

Depuis le primaire, je crois que j’ai répété cette réponse, comme un réflexe, un mécanisme de défense face à l’injonction de l’ambition. Et aussi (surtout) parce que non seulement j’avais la flemme de réfléchir à question, mais je crois que je m’en foutais royalement. Qui se soucie de son avenir à 14ans? Combien? Autant? Ha.  Au temps pour moi. 

- note pour plus tard : réfléchir à ce que l’on veut faire de sa vie pourrait éviter d’archiver un jour les public folders-

- Archéolôôôgue ! En voilà un beau projet.
- sous marin
- hein?
- Archéologue SOUS MARIN!
-…en effet. Hé bien jeune homme, c’est un beau métier que voilà. Révéler au monde ses origines , l’histoire de la planète et de l’humanité (…) poncifs, poncifs, poncifs (…) clichés, clichés, clichés (…) encore des poncifs (…) 

Bref au bout de 5min d’un monologue insipide, elle finit par aborder LE sujet intéressant, le noeud gordien:
” vous savez, il va falloir travailler  dur! Dés maintenant. Les études sont longues et difficiles! C’est un métier complet! Langues, géographie, chimie et bien sûr histoire! Sans oublier la condition physique! Les plongeurs doivent être au top de leur forme…”

C’est à ce moment que j’ai cessé de répondre “archéologue sous marin”
D’abord pour ne plus avoir à subir ce regard désolé “pauvre petit, il n’y arrivera jamais”
Et ensuite, et surtout, en fait presque uniquement, parce que j’avais réalisé l’immense somme de travail qui m’attendait. Je vous arrête tout de suite : je ne suis pas fainéant, et/ou réfractaire à l’effort; bien au contraire! (Non mais pas tant que ça non plus, ne vous emballez pas). 
Mais j’ai une certaine réticence à m’embarquer dans des projets à l’effort continu et certain, et à l’issue lointaine et incertaine. C’est juste un calcul de rentabilité. Les économistes partagent mon avis. Keynes lui même disait qu’
à long terme nous serons tous morts. Si Keynes le dit, je vois pas pourquoi je contredirais l’un des pères fondateurs de l’économie moderne (sans compter les tonnes de papier à noircir pour étayer mon argumentaire. Non vraiment, je préfère continuer de penser qu’il a  raison).

Donc j’ai renoncé à ce rêve de (confort) gamin.  Je pense par ailleurs que les gens autour de moi avaient déjà remarqué ce pragmatisme, que certains esprits chagrins nomment “paresse” - plus par facilité que par méchanceté j’en suis sûr - et qu’il m’empêcherait peut être d’accomplir de grandes choses. Leur regard désolé ”pauvre petit, il n’y arrivera jamais” était d’ailleurs certainement dû à cette prise de conscience de mon éveil au monde et de mon pragmatisme presque trivial, m’offrant une clairvoyance certaine sur le monde et ses possibilités, mais me privant pour longtemps de cette capacité à m’extraire du probable pour envisager le possible.
Il ne pouvait de toute façon, pour peu que l’on me connaisse, en être autrement.

Voilà pour l’archéologie. Sous-Marine. L’archéologie sous- marine. Au temps pour moi.

Mon rêve d’aller sur la lune a pour sa part été brisé de façon bien plus tragique.

Par delà son sourire

Tes nuits s’alignent et rien ne change
Leurs corps s’allongent et tu songes.
C’est nouveau et ça te dérange.
L’ailleurs lointain.
Là où il n’y a ni démons ni ange.

Et tu penses.

Tu veux écrire.

Tu veux sortir de ton apathie,
apatride,
Quitter la table.
Et tu emmerdes leur sympathie.

T’es un Gargantua, un des derniers poètes.
Tu veux jouir! de la vie, dans les filles et les belles lettres.
T’es qu’un gosse immature et tu espères qu’un jour peut être.
Un gamin dans les chaussures d’un géant et tu rêves qu’un jour enfin…

Baise les. Il n’y que comme ça que tu sais aimer. Jambes en équerre et alcools amers. Baise les, sinon à quoi bon?

A quoi bon noircir des pages, scarifier des moleskines, vomir tes lignes noires amères, chérir tes amours délétères?

Baise les. Ça justifiera ton statut d’écrivain maudit. Baise les je te dis! Ta plume est molle? Venge la avec ta bite. Boire, fumer, baiser et mourir vite. Gargantua.

Laisse l’amour à ceux qui espèrent. Qu’ils le trouvent. Ton ailleurs à toi est au loin. Par delà l’horizon courbé. Par delà son sourire. Baise les et écrit.

Otis - Elles, ou la recherche de l’ailleurs. Chapitre 4

Mon seul regret est de n’avoir pas su écouter Otis.

Je l’avais rencontrée un soir de février, c’était l’hiver. Je crois.
Elle était belle. Je crois. Elles sont toujours belles.

Les mâles jouaient des coudes et moi je la fît rire. Et elle me fit sourire.

- je te raccompagne.
- si tu veux.

Deux nuits plus tard:
“Tu me plais. Permet moi de te faire la cour en bonne et due forme”.
“Si tu veux”.

Deux mois plus tard, le bonheur avait le goût des sucreries partagées entrelacés sur mon canapé, les dimanches après midi.

C’était le printemps. Le soleil éclaboussait ma terrasse et quelques gouttes chaudes nous parvenaient ça et là, sur sa peau brunie par la balade de la veille. Du bronze et de l’or. Telle était sa nudité. Mes doigts se baladaient parmi ses cheveux noirs comme l’oubli.

"My girl". Otis était le compagnon de nos moments.

- Je vais te créer des souvenirs, tu verras. Ils te feront sourire chaque fois que tu penseras à moi.
- Tu ne seras jamais un souvenir
- Qui sait?

Ces lignes n’existeraient pas si elle n’avait pas eu raison.

La fille à la robe rouge savait.

Il y a cet implacable sens de la dramaturgie de la vie, qui fait que, lorsque tout est calme, paisible, les guerres eclatent.

La mienne fût déclarée un 11 novembre, dans un restaurant des Champs Élysée. Une guerre totale, sans prisonniers, sans espoir de grâce, sans reddition. Le fracas et le bouleversement dans les pans d’une robe rouge. La défaite dans un sourire. Et ses yeux.

Le feu de ses yeux qui masque son ennui. elle est assise lentement et les mots de sa bouche sont des coups de canon.

Je suis en guerre.

Je n’en veux pas de cette guerre. Je veux les plaisirs bucoliques des dimanches après midi, Otis dans l’auto radio, mes mains sur le volant, la sienne sur ma cuisse. Les champs de blé d’Auvers sur Oise.

La fille à la robe rouge aurait dû savoir. On ne déclenche pas la guerre par accident.

C’est l’hiver et le bonheur est rance. J’ai tiré les rideaux. Elle est sur l’autre canapé. Seule. Emmitouflée dans une couette. Elle a froid.

Et moi je regarde Paris brûler. Otis supplie. Desolé mon vieux, c’est une guerre totale. Je perdrais tout. Assurément. Mais pas sans combattre.

Elle est belle. Elle est douce. Elle est ce rêve de paix perpétuelle. L’or et le bronze.

elle? elle est belle. elle douce. elle le chaos, Le rêve que l’on croit reconnaître. L’abandon. La conquête.

A la fin de l’hiver, la fille à la robe rouge avait brûlé le présent. C’était la fin de notre saison.

Je n’ai pas su écouter Otis.
“I’ve got dreams to remember”. Un rêve a fait d’elle un souvenir. La fille à la robe rouge ne savait pas, mais Elle, le pressentait.

Nous nous sommes quittés comme une après midi au début de l’automne, le soleil brille encore mais il ne nous rechauffera plus.

Je n’ai pas su écouter Otis. Je lui souhaite d’être plus attentif, celui là qui goûtera ses souvenirs.

La fille à la robe rouge? C’est un autre chapitre de l’histoire.

did-you-kno:

Source

Happens each time I try to write. Except the “take a shit” part. #inspirationdown #writersaremonkeywitheducation

laissezlesmurspropres:

LA FOUINE & POLNAREFF: C’EST LA QUE TOUT A COMMENCER.

PARIS

Merci Julie

agneaupimente:

Adan léta a solitid, pènn èvè jwa ka jwé

Démon a labitid, si do an mwen chalè ay y posé.

Pa konpwann lè diab kenbé-w, sé èvè vou sèl y ké dansé.

Fanmi, zanmi, bondié pri adan sa, kon pakèt a krab yo mélé.

Ban mwen ronm, ban mwen fanm.

Anj èvè diables’ kon pach a kann

Ban mwen ronm, ban mwen…

La Californie. (Sirènes de Londres et nuit bleue)

Moquette, chaussette, lampe de chevet. Les sirènes de Londres et je me prends à rêver.

Blouson cuir, ballade de rock, decapotable, cliché de liberté, la Californie.

Les rêves marchent debout, là haut par dessus les collines.
Surplombant mon corps en dénivelé, au fond d’une crevasse de canapé.

Folk éthérée, weed inspirée, cabriolet. Le soleil va se coucher.
La Californie.

La nuit à les reflets bleutés, des sirènes de la police. C’est la ville qui fredonne jusqu’à mon salon. Et je me laisse sombrer dans une mer ambrée.

Rouler à tombeau ouvert, cheveux et foulards au vent, fumer à s’envoyer en l’air faisant face au ponant. La Californie.

Camel bleues, mur blanc, vin rouge. Cramer Paris à s’en brûler les ongles, un soir dans un deux pièces à Londres.

Comme Janis, en Mercedes Benz, les héros meurent à la fin, la silhouette noire sur l’horizon orangé. La Californie.

Et les sirènes de Londres.

Billie, la nuit et les princesses

Nuit bleue comme un air de Billie Holiday.

Aiguilles, cuir, paillettes,
Fards à paupières.
Eclats de rires et emphases. Le bonheur n’est qu’affaire de quelques shots.

Nuit chaude comme la voix de Billie Holiday.

Sous les couches de fond de teint ce sont des princesses.
Mais ce soir, les décolletés sont plongeants, les chutes de reins vertigineuses et si le Prince le veux les gorges seront profondes.

Nuit moite comme la gorge de Billie Holiday

Jambes croisées, cheveux raides, regards francs.
Ce sont des Ladies.
Laissons s’étendre la nuit,
Qu’elles s’ouvrent, s’assouplissent, ferment les yeux pour fuir au pays des merveilles.

“La nuit était bleue comme une chanson de Billie Holiday…”
— Pensées eparses

Le retour des beaux jours

Je ne voulais que t’aimer,

Comme un dimanche mélancolique,
Trainant son ombre
Le long des premiers jours du printemps.

Astre halogène,
hâle hésitant.
Brise.

Plane une rengaine,
Aux ailes impartiales
comme la nuit,
Battements obscurs qui sabotent l’azur,
Murmurent :
Je ne voulais que t’aimer.

Astre halogène,
Pâle lévitant,
Brise.

Dans la lumière assourdissante,
Les dernières gouttes de février fredonnent,
La solitude du premier homme.
Le blues du bourgeon.

Je ne voulais que t’aimer

Mars, et la nature se rhabille,
Comme ma maîtresse au matin.

Les soirs où tu t’effeuillais,
Les nuits où l’ombre couvrait ta nudité.
C’est l’aurore et tu t’en vas.

Dimanche mélancolique.
Derrière la fenêtre, le désert vert.
Reste! mon Hiver.

Je ne voulais que t’aimer.

Je n’aime pas le printemps.
Sa lumière m’ébloui,
Alors qu’elle t’offre au monde.

Je n’aime pas le printemps,
Car tu te fais belle à nouveau
Et tu t’en vas.

Cours vers la lumière,
Je garderai en souvenir les pieds glacés,
Ta nudité et son éclat éthéré.

Aussi, cette chanson triste.

Je ne voulais que t’aimer.